Pour beaucoup, le futsal n’est qu’une version générique du football. C’est encore plus le cas en France, où il est au football ce que le padel est au tennis ou ce que Pespi est à Coca. Une version dérivée, qui consiste à contrôler de la semelle, dribbler et marquer du pointu…

Mais, si l’on en croit l’entraineur de l’équipe de France de futsal, Pierre Jacky, « le futsal, c’est du foot concentré et simplifié. C’est l’entrée en matière idéale par rapport au foot. Il faut tout le temps voir tout le monde, on est toujours concerné quel que soit l’endroit où il y a le ballon ». Et ça, certains footballeurs (dont les brésiliens), l’ont compris depuis bien longtemps. Ronaldinho, Neymar, Xavi, ou encore Mohamed Salah : la liste des stars ayant commencé par le futsal montre à quel point cette discipline, très formatrice sur le plan technique, peut être un tremplin pour briller sur les terrains de football traditionnels.

Mais pourquoi cet attrait pour ce sport ? Qu’est-ce que cela apporte aux joueurs de football ?

« C’est un jeu technique où tu joues court. Ça joue vite et les Brésiliens aiment ça. C’est une histoire qui comprend de jolis gestes, des jolies actions et c’est pour ça que les Brésiliens aiment. Encore aujourd’hui, quand je rentre chez moi au Brésil, je joue avec mes amis et ma famille au futsal », nous explique Michel Bastos (brésilien, ancien joueur de l’OL).

Tous les anciens « futsaleurs » sont unanimes : grâce au rythme de jeu effréné et la nécessité de savoir très rapidement gérer les petits espaces, le futsal leur a apporté une vision du jeu supérieure dans leur carrière à 11. « C’est un sport beaucoup plus dynamique et aujourd’hui en Europe, vous n’avez pas beaucoup d’espace donc vous devez penser vite. Le futsal m’a aidé dans ce domaine », avait confié Neymar en 2014.

Tout doucement, le futsal se développe et arrive en France. Nous avons par exemple eu la chance de voir éclore en ligue 1 des joueurs comme Ben Yedder ou El Arabi, qui viennent tous les deux du monde du futsal. « C’est une école formidable. J’ai appris à jouer dans les petits périmètres, les espaces restreints. C’est là que j’ai acquis mes qualités dans la finition et dans le dribble », avait confié Wissam Ben Yedder (6 sélections en équipe nationale de futsal) sur un média de la FFF.

Ainsi, peu à peu le futsal se démocratise, et de plus en plus de joueurs viennent partager leur talent sur les grands terrains. Un mal pour un bien, d’après l’analyse de Pierre Jacky :
« Nous avons eu pratiquement chaque année un joueur qui est parti de l’équipe nationale pour aller jouer dans un club pro. Cela nous a fait un éclairage positif. Même si vous vous en doutez, j’ai perdu à chaque fois mon meilleur joueur et ça a ralenti notre progression au rang mondial »

Les chasseurs de pépites ont donc un nouveau terrain de chasse à surveiller. Plus le futsal se développera, plus les clubs de Ligue 1 piocheront leurs futurs talents chez ces esthètes du toucher de balle. Un cercle vertueux qui pourrait aussi, à l’inverse, attirer de plus en plus de jeunes talents vers la salle. Affaire à suivre…

      Romain REVOL

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