Il parait évident que cette distinction s’appliquerait au meilleur joueur faisant partie du dispositif défensif d’une équipe qui ne prend pas beaucoup de points par match, ou qui gagne confortablement régulièrement.

Comme le MVP est en général accordé au meilleur joueur d’une des meilleures équipes de la saison, le joueur qui a été le plus important et décisif quant à la performance de son équipe, celui sans qui l’équipe ne serait jamais là.

C’est pour cela que Stephen Curry n’a été que deux fois MVP de la saison régulière avec Golden State (2015 et 2016), car depuis l’arrivée de Durant, il y a tellement de joueurs dominants dans cette équipe qu’ils seraient plusieurs à le mériter.

Ainsi, même remarque peut être faite au niveau de la défense. Est-il possible de récompenser un joueur en particulier lorsque vraiment toute l’équipe fait une prestation solide toute l’année (les Celtics sur la saison 2017-2018) ? Est-il également possible de récompenser le seul bon défenseur d’une franchise ?

Ce questionnement vient faire écho à la déclaration de LeBron James, en marge de la victoire contre les Portland Trail Blazers samedi dernier, où il affirme que « Javale est déjà dans la discussion de meilleur défenseur de l’année » et qu’il y avait une grande différence entre les moments où il est sur le terrain et hors du terrain. De la part d’un joueur qui passe pas mal de temps les mains sur les hanches quand il n’a pas le ballon (désolé LeBron elle était facile) et qui observe plutôt ce qu’il se passe, on ne sait pas quoi en penser. Après c’est vrai que ça lui laisse vraiment le temps d’analyser la performance de ses partenaires, hein « coach » James.

Mais dans le fond il a raison. Pour l’instant, Javale tourne à 0,9 interceptions par match, ce qui est correct pour un pivot, mais surtout à 3,4 contres, ce qui le place pour l’instant deuxième de la NBA juste derrière Anthony Davis, qui a joué moins de matchs. 

Il a toujours été capable de réaliser des actions spectaculaires grâce à sa grande taille et ses très longs bras, mais il avait surtout été abonné à Shaqtin’ a fool pour ses coquilles et ses égarements. Il a l’air d’avoir pris en maturité et en intelligence de jeu depuis son arrivée aux Lakers (on avait déjà noté une belle progression lors de sa saison avec les Warriors l’année dernière) grâce notamment à son nouveau statut de pivot titulaire.

En plus, il parait être le seul Laker impliqué en défense par moments. Il est vraiment le patron sous l’arceau, mais malgré son envergure de condor, il n’arrive pas encore à voler, et la défense au périmètre est encore compliquée pour lui, comme elle l’est pour tout pivot moins rapide que les autres joueurs. Et Lebron a raison lorsqu’il fait la différence entre sur et hors du terrain. Les adversaires prennent plus de rebonds offensifs, concrétisent plus de possession, et sont plus efficaces en rentrant à l’intérieur.

Mais un seul joueur ne peut pas porter le fardeau défensif seul, et cela se voit par le début médiocre des Lakers (4-6).

On est cependant d’accord sur un point, Javale fait définitivement partie de la discussion. Mais si les Lakers ne gagnent pas plus et ne se mettent pas à encaisser moins de points, il ne pourra pas, malheureusement pour lui, être un véritable prétendant.

Louis Coppi

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